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Le Premier Millénaire.


41

Comme dans le culte primitif de la Grèce, les dieux abondaient en Gaule ; il y avait des divinités locales, dont l'adoration était limitée à une bourgade. Chaque cité avait son dieu qui était d'ordinaire le dieu de la source qui l'arrosait ou de la montagne sur laquelle elle était bâtie. Les divinités des sources et des bois faisaient l'objet de la plus ardente dévotion. Cependant, au-dessus des innombrables divinités locales, quelques grands dieux commençaient à s'élever, représentant les forces éternelles de la nature ou les grands principes de la vie humaine (Taranis, Teutatès...).

Le druidisme était puissant, l'empereur Auguste fit romains tous les dieux gaulois et leur dressa des autels. La religion impériale s'imposa ; dans les villes, des prêtres officiels, ou flamines, desservirent le culte des empereurs divinisés et ces prêtres furent toujours choisis parmi les premiers personnages de la cité. La puissance suprême se présentait alors aux esprits communs comme une sorte de providence divine. Elle s'associait dans la pensée des hommes avec la paix dont ils jouissaient après de longs siècles de troubles, prospérité et richesse grandissant avec les arts et la civilisation.

Dans les temps anciens, on avait adoré le nuage qui se répandant en eau, faisait germer les cultures et le soleil qui les faisait mûrir. Les fêtes païennes furent remplacées par des solennités qui avaient quelque lien d'analogie avec elles : la fête de Noël (Natale) paraît avoir été fixée au 25 décembre parce que c'était la date d'une fête profane "Natalis Invicti", la fête de l'invincible dieu du soleil ; dans le culte mithriaque, le 25 décembre était le commencement du salut apporté par Mithra, dieu du soleil.

 

 

70

Denis envoyé par le pape Clément arriva sur les bords de la Seine, à Lutèce, et devint le 1er évêque de Paris.

 

120

L'empereur romain Hadrien, surnommé "l'empereur voyageur", soulage les pauvres dans les Gaules, s'informe des besoins, aide les villes endettées, méritant le titre que lui donnent ses monnaies de "restaurateur" et "conservateur des Gaules".

 

167

L'empereur romain Marc Aurèle promulgue l'édit de persécution contre l'église.

 

177

On vit pour la première fois dans les Gaules des chrétiens martyrisés pour leur foi : sous le règne de Marc Aurèle eut lieu la plus sérieuse persécution contre les chrétiens des Gaules (dont l'atroce suplice de l'esclave Blandine).

 

215 - 216

Ces années furent les plus funestes que la Gaule ait connu sous la domination Romaine : au moins 60 villes furent détruites sous Caracalla. Un édit impérial donna le droit de cité à tous les habitants de l'empire.

 

234

La Gaule est pillée et ravagée par les Germains.

 

277

L'empereur romain Probus rétablit les Gaules qui avaient été occupées par les Germains.

 

281

L'empereur Probus permet aux Gaulois d'avoir des vignes.

 

24 février 303

L'empereur romain Doclétien promulgue le 1er édit de persécution, ordonnant la destruction des églises et des livres sacrés, la cessation des assemblées chrétiennes et l'abjuration de tous les chrétiens.

 

311

Parut un édit de pacification.

 

313

Le christianisme, toléré par Constance Chlore sur le trône avec Constantin, par l'édit de Milan accorde la liberté de culte dans l'empire romain. La conversion des Gaulois au IVème siècle par saint Martin que Grégoire de Tours cite : ''la lumière nouvelle, la lampe dont les rayons éclairèrent la Gaule".

Que dire de la population qui composait alors une "civitas" gallo-romaine et qui se divisait en deux classes ?

L'une, riche et désireuse de profiter, l'autre, simple instrument de travail (colons ou esclaves) dépendant d'un maître "possessores" grand propriétaire qui cherchait à agrandir ses biens. Cette aristocratie oisive passait les mois d'été dans la "villa" qu'il a fait construire, c'est sa "villa Urbana". Enfin, la "villarustica", plus éloignée, qui comprend l'habitation des esclaves et des affranchis qui travaillent pour le maître, et à côté de ces " casoe" se trouvent les celliers, les granges, les étables. C'est un petit monde qui vit là pour les besoins du maître et des siens. Plus loin, se trouvent le moulin, le four, avec les artisans que nécessitent les travaux agricoles. À côté des bergers, des laboureurs vivent sur ces terres, des maçons, des charpentiers, des forgerons. Dans une zone plus éloignée, des lots de terre sont divisés avec leur "casa" et donnés à des "colons" qui travaillent pour eux, mais qui payent une redevance au maître. Les colons, libres juridiquement n'en sont pas moins attachés à la terre et vendus avec elle.

Un tel état social rendait le pouvoir faible contre les peuplades germaniques qui depuis des siècles menaçaient les frontières de l'est de la Gaule. Les Gallo-Romains avaient octroyé des territoires sur le sol gaulois (l'empereur Auguste aux Suèves et aux Sicambres, l'empereur Tibère accorda à 40 000 Germains la même hospitalité) politique habile de défendre le sol conquis par les congénères de ceux qui les attaquent, mais somme toute avec un risque de colonisation de l'intérieur.

Si nos grandes villes ont pour origine les antiques oppida celtiques, la plupart de nos villages ne sont que les domaines des grands seigneurs gallo-romains.

 

360

De Julien empereur : celui-ci rapporte pour Lutèce "Ils ont de bonnes vignes et même des figuiers depuis qu'on prend soin de les revêtir de paille et de ce qui peut garantir des injures de l'air".

400

17 provinces et 114 cités sont recensées en Gaule ; dans le diocèse des Gaules (diocesis Galliarum) la 87ème cité est Melduorum pour la ville de Meaux et la 88ème cité est Parisiorum pour la ville de Paris.

 

406

Invasion des barbares germains, des hordes d'Albains, de Gépides, de Saxons, d'Hérules, de Burgondes, de Quades, de Vandales et de Suèves qui franchirent le Rhin et se jetèrent sur la Gaule. Tout d'abord pillards, ces Germains avaient suivi les voies romaines, détruisant les "villae", ravageant les prés, les vignes et les cultures.

Les Francs se fixèrent dans le nord de la Gaule.

 

451

Le cinquième siècle est l'époque désastreuse des invasions barbares. La plus terrible fut celle des Huns conduite par Attila surnommé "le fléau de Dieu".

 

466

Naissance de Clovis. Clovis maître de Soissons s'avança vers la Seine où la ville de Paris, bloquée depuis 5 ans, lui ouvrit ses portes.

 

23 août 476

Un officier des gardes, l'hérule Odoacre, se fait proclamer "Roi" à Pavie et détrône le dernier empereur romain Romulus Augustule le 4 septembre suivant, célèbre pour avoir enseveli l'empire romain dans l'occident.

 

481

Trois peuples seulement : les Burgondes, les Wisigoths et les Francs qui possédaient une vaste étendue du territoire gaulois, et s'en disputaient la domination.

L'invasion franque détruisit pour toujours la domination romaine et soumit la Gaule. Clovis 1er fut le premier chef franc. Le royaume ("regnum francorum") s'étendit de plus en plus. Il était composé de territoires possédant leur propre civilisation et loin d'être homogènes. Le territoire situé à l'est et au nord de la Gaule deviendra l'Austrasie.

Les rois mérovingiens vivaient surtout au milieu de leurs vastes domaines ruraux qu'on appelait villas, les rois de la première race eurent des habitations de plaisance. Ils s'installaient dans des palais encore debout des temps gallo-romains. De caractère primitif, le roi mérovingien n'attache à la terre qu'une valeur secondaire ; il la prodiguera sans compter à l'église et à ses fonctionnaires : "les leudes".

 

 

Histoire de la ville et de tout le diocèse de PARIS par l'abbé Lebeuf.

Tome quatrième - librairie de Fechoz et Letouzey - Paris - 1883.

 

(pages 176 et suivantes)

"Celui (Noisy) dont il s'agit a été surnommé le Grand, soit à cause de son étendue, soit parce que nos rois de la première race y ont eu une maison de plaisance ou un domaine. À l'égard de l'origine du mot NOISY, on convient que tous les lieux qui portent ce nom, l'ont eu à cause de la quantité des noyers qui y étaient plantés ; de là vient qu'on les trouve nommés en latin NUCETUM ou NOCETUM, et ensuite par altération NOCIDUM, NUCCIUM, NOISIACUM.

Sa situation est sur un coteau, ce qui fait que l'eau n'y est pas rare. Ce pays abonde en vignes sans cependant manquer de labourages ni de prairies.

"VILLAFLUYS" : le nom a pour origine "la villa des eaux courantes". En effet les eaux ruisselaient de toutes parts.

Le noyer a été reconnu de tout temps un arbre si utile qu'on en a planté dans une infinité de places défrichées dans les forêts, de là vient le nom de Nucetum donné à plusieurs lieux et qui a formé en langue vulgaire Noisy." (Sous un noyer rien ne pousse, ses feuilles secrètent une substance qui inhibe la germination des graines et empêche la croissance des plantes qui veulent pousser dans son voisinage, d'où un usage dans les grandes opérations de reconquête du sol : transition de forêt impénétrable à des sous-bois accessibles).

 

496

Clovis roi des Francs tourna ses armes contre des envahisseurs Germains (les Alamans). Le 25 décembre il reçut le sacrement du baptème des mains de l'évêque Remigius (Rémi) ; ses sœurs Alboflède et Lenchetilde ainsi que 3 000 guerriers francs suivirent son exemple.

 

511

Démembrement du royaume de Clovis. Clotilde dût veiller à ce que le découpage du royaume fût équitable sachant que 3 des 4 fils étaient mineurs et que l'aîné Thierry, n'était pas du même lit.

Thierry (Théodoric) fit de Reims sa capitale ; Clodomir s'installa à Orléans ; Clotaire, qui reçut une partie du nord du royaume prit Soissons comme capitale ; quant à Childebert, héritant de la Normandie et d'une partie de l'Île-de-France ses terres furent alors appelées le "royaume de Paris".

 

561

Les 4 fils de Clotaire se partagèrent la monarchie : les quatre royaumes furent tirés au sort ; Chilpéric hérita du royaume de Soissons.

Il est probable que les frères de Charibert opérèrent le partage de la civitas suivant la division naturelle : l'archidiaconé de Parisis a dû échoir à Chilpéric (avec les domaines de Chelles et Nogent-sur-Marne). Chilpéric voulut avoir Paris pour son partage mais ses trois frères s'y opposèrent.

 

578

Chilpéric de Neustrie diligente une ambassade franque à la cour de Constantinople ; le moine Grégoire (futur saint Grégoire) fut renseigné sur l'état politique et religieux des Gaules, sur les 200 monastères qui y avaient été fondés et sur les 45 conciles qui y avaient été tenus depuis la conversion de Clovis.

 

580

Chelles bourg.

"Le voisinage des forêts a souvent, dit l'abbé Lebeuf, donné l'occasion à nos rois de bâtir auprès des maisons de plaisance. Dès les temps de la 1ère race, ils avaient choisi le lieu-dit en latin KALA ou CALA, nom qui peut venir de KAL, qui a signifié chez les anciens un abattis d'arbres et, par conséquent, un lieu défriché et essarté, ils avaient, dis-je, choisi ce lieu pour se reposer dans les parties de chasse qu'ils faisaient dans les bois situés au septentrional de la Marne. Soit qu'il y eut un village en ce lieu auparavant ou qu'il n'ait commencé à se former que depuis la destination faite par Clovis ou autre, il fut qualifié par la suite de VILLA REGALIS. Mais au VIème siècle, on ne l'appelait simplement que CALA CIVITATIS PARISIACAE VILLA.

Cette villa regalis fut au VIème siècle le théâtre de crimes qui la feront vivre éternellement dans la mémoire des hommes. Déjà, en 580, Frédégonde y avait obtenu de Chilpéric l'arrestation de son dernier fils Clovis. Ce prince, conduit enchaîné à Noisy, sur l'autre rive de la Marne, dans une villa tenue par les leudes du roi (aujourd'hui localisée Cour Chilpéric). Il y fut assassiné sur l'ordre de sa belle-mère. Des messagers vinrent dire au roi que Clovis II s'était percé lui-même de son épée ; Chilpéric les crut et ne pleura pas plus Clovis II qu'il n'avait pleuré ses autres enfants.

Les leudes du roi (noble sénat des Francs) occupaient à Noisy la villa regia.

Frédégonde fit creuser une fosse au pied du mur d'une chapelle (abside nord de l'église Saint-Sulpice) , et le fit enterrer là sans qu'il y fut rendu aucun honneur ; au bout de quelques jours craignant que le roi ne se ravisa, elle fit rouvrir la fosse, prendre le cadavre et le jeter dans la Marne.

Quatre ans plus tard, Frédégonde, non contente de ces meurtres, incita un leude nommé Landri, avec qui elle entretenait des relations intimes, à assassiner son roi de mari.

De nos jours encore, dans une prairie voisine du chemin de fer de l'Est, on voit une grosse pierre dite d'abord pierre de Chilpéric et depuis Croix de Sainte Bauteur, qui symbolise le lieu de l'assassinat.

Les rois carlovingiens conservèrent à Chelles une résidence, et distribuèrent à leurs leudes tout ou partie du domaine royal.

Grégoire de Tours nous montre qu'à côté des comtes (rapaces et iniques), il y avait des fonctionnaires excellents : ils restent les représentants et les défenseurs de la royauté. Le comte devint le plus grand personnage de la Civitas, à côté de l'évêque, ils sont aussi bien d'origine gallo-romaine que germanique. Ils chercheront alors à rendre leur fonction héréditaire. Le comte va jouer de plus en plus le rôle de petit roi dans sa civitas.

Dagobert Ier, Clovis, son fils et après eux le jeune Clotaire III, séjournèrent fréquemment dans la villa regalis des bords de Marne ; ce dernier y mourut et y fut inhumé. Mais cette villa semble avoir été dès lors délaissée par les successeurs de Clotaire III. Plus tard, au commencement de la dynastie des Capétiens, elle reprend son ancienne splendeur ; Robert II dit le pieux y convoqua de fréquentes assemblées d'évêques. Les chroniques du temps font encore mention des audiences particulières qu'y donnaient aux évêques le bon roi Robert et son épouse, la fière Constance de Toulouse."

 

583

Inondations de la Marne.

À Noisy, un oratoire primitif est recensé (situé dans le proche voisinage d'une villa localisée cour Chilpéric) : un tout petit bâtiment de "style lourd mérovingien" par son côté massif, qui contenait l'autel où se pratiquait l'office religieux, la façade avait une grande porte, celle-ci ouverte permettait aux fidèles nombreux d'assister à l'office de l'extérieur (elle forme actuellement l'abside du bas-côté nord de l'église Saint-Sulpice).

 

28 novembre 587

Traité d'Andelot par lequel Gontran et Childebert garantissent aux leudes la possession des terres reçues des rois.

 

607

L'usage des cloches s'établit sous le pontificat de Boniface III, pour annoncer aux fidèles les solennités et les exercices du culte.

 

613

Clotaire II établit dans les royaumes des maires du palais, qui en étaient originairement les principaux ministres et qui par la suite abusèrent de leur autorité jusqu'à usurper la puissance royale.

 

614

Cinquième concile réuni dans la ville de Paris, composé d'évêques et de seigneurs où furent prises des ordonnances pour tout le royaume qui portèrent le nom de capitulaires.

 

16 juillet 622

Un vendredi - l'ère de l'hégire débute - les années en sont lunaires.

 

638

Dagobert Ier fut le dernier roi qui habita le palais de Nogent-sur-Marne.

 

660

Bathilde, mère de Clotaire III, gouverna sans son fils avec beaucoup de sagesse. Mais se retira par dévotion dans le monastère de Chelles qu'elle avait fondé et laissa le royaume à la merci d'Ébroïn (maire du palais).

 

675

Childéric II roi de Neustrie, d'Austrasie et de Bourgogne gouverne si brutalement qu'il s'aliène les grands de Neustrie. Il va jusqu'à faire fouetter un leude Neustrien du nom de Badillon. Un complot est tramé contre lui et alors qu'il chassait dans la forêt de Lognes, il est assassiné par Badillon. Il avait 25 ans.

 

714

En décembre mort de Pépin d'Héristal, maire du palais de tous les royaumes francs. Il était le père de Charles Martel.

 

720

Thierry IV dit de Chelles succéda à Chilpéric II ; on comptait alors en nuits et non en jours.

 

739

Le pape Grégoire III envoie en cadeau à Charles Martel les clefs du tombeau des saints apôtres, pour en être le futur défenseur probablement.

 

9 octobre 768

Les Carolingiens avec Charlemagne, le grand empereur.

 

789

Dans ses capitulaires, Charlemagne ordonna la destruction des pierres érigées et l'abolition des usages de réunion autour d'elles. Il institua le chant dit grégorien, il établit une école dans son palais, laquelle devint le modèle de plusieurs autres.

 

798

Charlemagne ordonna la révision de la loi salique (pactus antiquior) qui reçut le nom de lex salica reformata. Suivant la coutume des Germains les fils se partagèrent les vastes domaines de leur père.

 

802

Les grands propriétaires investis de la toute-puissance royale pouvaient abuser de leurs pouvoirs. Charlemagne les fit surveiller par des envoyés temporaires (Missi Dominici). Il s'agissait de clercs et de laïques investis pendant le temps de leur mission de la toute-puissance royale pour rendre la justice, s'enquérir des besoins du peuple et corriger les abus. Charlemagne en fit une institution régulière. Ils durent faire 4 tournées annuelles d'un mois chacune et adresser à l'empereur un rapport chaque printemps. Gênante pour les comtes et les évêques, cette institution fut un des bienfaits du règne de Charlemagne.

 

807

Premières lois somptuaires qui règlent le prix des étoffes et qui distinguent l'état et le rang des particuliers par rapport à leur habillement.

Les 4 fils Aymon (chanson de geste) :

Le duc Beuves d'Aigremont, frère d'Aymon duc de Dordonne, occit Lohier, fils de Charlemagne. Les neveux du Duc : Regnaut, Allard, Guichard et Richard firent outrage à Charlemagne ; celui-ci entreprit de se venger : il fit le siège pendant 13 mois de leur château de Montfort dans le bois des Ardennes.

Regnaut et son cheval Bayard.

 

820

Vinrent les hommes du Nord (Normands) pour piller, incendier, ravager et porter la terreur, ils ont voulu remonter la Seine, et ils furent chassés de la Neustrie. Revenus en nombre sous la direction de Ragnar Lodbrog en 845, ils s'avancèrent à Pâques jusqu'à Paris. Cependant qu'en mars une autre troupe de pirates, sous la conduite de Ragenaire, venant directement du Danemark, entre dans la Seine avec 120 vaisseaux. Charles le Chauve ne pouvant les repousser par la force, négocia une rançon de 7 000 livres pour prix de leur départ.

 

847

L'édit de Mersen a permis à tout homme libre de se choisir un seigneur.

 

855 à 861

Les Normands portèrent leurs ravages au-delà du grand pont. Les Danois et les Normands restèrent plus d'une année au monastère de Saint-Maur-des-Fossés.

 

Mai 861

Une charte rédigée au monastère de Saint-Denis, et approuvée par Charles le Chauve, confirme la donation que le comte de Paris Bégon avait faites au monastère de Saint-Maur des biens qu'il tenait.

 

862

La ville de Meaux fut pillée et incendiée.

 

864

L'édit de Pîtres (ou Pistres) - dans l'actuel département de l'Eure - interdisait de n'élever aucune fortification sans le consentement royal. Sous la 1ère race, les seigneurs avaient rarement fortifié leurs châteaux parce que les peuples germaniques conservaient une haine pour les enceintes de murailles. Le roi Louis le Bègue (sacré en 878 à Troyes) ne put s'opposer à ces riches propriétaires qui se fortifièrent chez eux. La possession de vastes campagnes que jusqu'alors ils avaient considérées sous le seul rapport de leurs revenus, devint un moyen d'augmenter leur puissance. La permission arrachée au monarque, ils l'accordèrent à leur tour à leurs vassaux, et les châteaux s'élevèrent par milliers.

Le droit rendu à tous les sujets de l'empire de pourvoir par eux-mêmes à leur propre défense eut pour résultat de rendre impossible les effroyables dévastations des Normands et autres...

 

Juin 877

L'édit de Quierzy-sur-Oise proclame l'hérédité des bénéfices et des offices. Dès lors la féodalité s'empare du sol (aristocratie des grands propriétaires : quiconque possède est seigneur "nobilis" et sur son fief maître du ciel et de la terre, quiconque ne possède pas est serf). Dans le capitulaire, Charles le Chauve prend soin de déterminer celles des forêts royales où son fils ne pourra chasser en aucune manière.

 

878

Retour des Normands qui occupèrent le pays et s'installèrent au monastère de Saint-Maur-des-Fossés.

 

885

Septembre - Invasion des Normands ; Siegfried fit le siège de Paris qui devait durer un an. Apr├Ęs avoir vainement assiégé Paris, ils incendièrent les abbayes suburbaines de Saint-Germain et de Sainte-Geneviève.

 

901

Guerres intestines entre les grands du royaume que la faiblesse du roi Charles le Simple ne peut empêcher.

 

911

Incursion de Hroff, ou Rollon, chef des Normands. Traité de Saint-Clair-sur-Epte entre Charles III le Simple et Rollon à qui sont accordés les territoires entre l'Epte et la mer en échange de l'arrêt des pillages. Cette région deviendra plus tard le duché de Normandie.

 

946

Noisy fait partie de la seigneurie de Gournay, donnée par Hugues le Grand (père d'Hugues Capet) au seigneur Aimon.

 

975

La disette fut si terrible que les hommes se nourrissaient d'herbes.

 

Histoire des Français, par J.-Cl. Simon de Sismondi.

(Treuttel éditeur et Wurtz libraire - 1823)

Vers la fin de la seconde race, un nouveau genre de possession s'établit sous le nom de "fief". Les ducs ou gouverneurs des provinces, les comtes ou gouverneurs des villes, les officiers d'un ordre inférieur, profitant de l'affaiblissement de l'autorité royale, rendirent héréditaires dans leur maison des titres que jusque-là ils n'avaient possédés qu'à vie. Ayant usurpé également les terres et la justice, ils sérigèrent eux-mêmes en seigneurs propriétaires des lieux dont ils n'étaient que les magistrats militaires ou civils, soit les deux ensemble. Par-là fut introduit un nouveau genre d'autorité dans le pays, auquel on donna le nom de suzeraineté : mot, dit Loyseau, qui est aussi étrange que cette espèce de seigneurie est absurde.

La noblesse, ignorée en France jusqu'au temps des fiefs, commença avec cette nouvelle seigneurie, en sorte que ce fut la possession des terres qui fit les nobles.

La famille Le Riche de Paris, seigneur de Noisy, fut sans doute une fidèle alliée de la dynastie Capétienne, car sous le règne d'Hugues Capet et de ses premiers successeurs on la voit occuper la plupart des postes militaires dont elle se fit bientôt des charges héréditaires. Elle eut des possessions autour de la plupart des résidences royales.

 

1er juin 987

L'avènement au pouvoir royal d'Hugues Capet (ainsi nommé car il portait la cape d'abbé de Saint Martin de Tours) . Ce sont les seigneurs qui portent l'un des leurs sur le trône ce qui marque l'apogée de la féodalité.

Une troisième période commence avec le sacre d'Hugues Capet à Reims, le 3 juillet 987.

Le fils d'Hugues Capet, Robert II le Pieux, fit de nombreuses donations au clergé.

Henri Ier, son fils fut aussi un grand fondateur de couvents, parmi lesquels le prieuré de Saint-Martin-des-Champs.

Nom de la race nouvelle : les Capétiens où la royauté fut anéantie en France, où le lien social fut brisé ; gouvernée par une confédération de princes rarement soumis à une volonté commune, et réunis par le seul système féodal.

 

988

Hugues Capet fit sacrer son fils Robert (dit "le Pieux"), âgé d'une quinzaine d'années, le jour de Noël 987. Il lui donna un conseil de régence pour exercer le pouvoir dans la partie du royaume concédée à Robert, durant la minorité de celui-ci. Ce conseil se composait de 4 grands officiers de la couronne : Bouchard, Hugues (vicomte de Meulan), Ansold II Le Riche et Hugues (comte de Dreux) ; leurs signatures sont au bas d'un diplôme du roi Robert, daté de la deuxième année de son règne.

 

20 avril 998

Décret du roi Robert II confirmant les dons effectués par le comte Burchard et l'évêque Raynaud au monastère des Fossés. De même dans ledit "pagus", il a été donné une église sise au bourg de Noisy sur les prières de Gosselin, vicomte de Meaux, qui la tenait de leurs bienfaits.

 

1000

Tous les religieux et hommes d'église engageaient les gens à leur donner leurs biens pour obtenir la rémission de leurs péchés. Craignant une catastrophe, toute activité avait cessé.

 

Histoire de Noisy-le-Grand, par Adrien Mentienne

(Paris, Honoré Champion éditeur. 1919)

(pp. 74 - 75)

"Dans l'origine, pour se rendre à Noisy, le chemin suivait la route jusqu'à la limite du département, puis se continuait par celui qui passait le long des Fiefs de Normandie et de la Barre arrivait ainsi au milieu du village d'alors, au-dessus de l'église.

Un autre chemin se détachait de cette route sur la droite, à la sortie de Bry, traversait les champs pour arriver en montant la côte des Clapiers, en face la ferme et le couvent.

Ce chemin fut nommé, jusque vers 1860, le chemin des Moines.

En arrivant, par les Clapiers, au pied de la côte, il y avait le clos dit fief de Montfort qui contenait environ 18 arpents. Il était entouré de hautes murailles, avec des tours aux encoignures. Un grand manoir s'élevait au milieu avec colombier, jardins, verger et garenne ; une source abondante y fournissait l’eau. Elle s'y trouve encore aujourd'hui. On dit qu'on y voit encore des substructions des anciens bâtiments qui n'ont pas été démolies et qui communiquaient par souterrains avec l'habitation des moines, près de la ferme. Jai vu, dans la chapelle - avant sa démolition - l'orifice de ces souterrains.

Les moines Saint-Martin avaient construit cette chapelle au commencement du XIIème siècle ; elle était en partie enterrée. Il y avait une douzaine de marches à descendre pour y avoir accès. Elle mesurait environ 10 mètres de large sur le double de longueur et formait 2 nefs avec voûtes d'arêtes qui reposaient sur trois colonnes munies de chapiteaux et disposées au milieu ; les cintres de clefs s'appuyaient, du côté des murailles, sur d'autres chapiteaux supportés par des corbeaux. (Cette chapelle était semblable à celle du prieuré de Gournay qui, elle aussi, fut démolie vers 1868.) Le fond de la chapelle était constitué par un mur droit sur lequel était formée une ogive moulurée, faisant saillie, au-dessous de laquelle se trouvait placé l'autel. De chaque côté, dans l'épaisseur du mur, étaient creusées deux niches où l'on disposait les objets nécessaires à la célébration de la messe. D'un côté, il y avait une vasque moulurée où se versait l’eau ayant servi au lavement des mains. Chose curieuse, cette vasque a été recueillie par une personne qui en a fait don à la nouvelle église du Perreux ; une plaque gravée en indique l'origine : elle devrait retourner à l'église de Noisy.

 (p. 82 - 83)

Il y avait eu un cimetière du temps des carlovingiens, il était situé dans l’angle d'une grande pièce de pré dépendant du fief de la Barre, formant le coin de la grande rue et de la rue de Beauvais en venant de Bry ; le lieu se nommait "le Mastroit".

(Nota : Martre est le nom qu'ont conservé plusieurs lieux druidiques et celui de Martrais a été fréquemment donné à des places d'exécution).

[...]

A l’angle de ce cimetière était placée la grande croix de pierre sculptée que l'on voit aujourd'hui dans le cimetière qui entoure l'église, et où elle a été redescendue vers 1740.

(Nota : en 2013 elle a été placée sur le parvis de l'église.)

[...]

On la nommait vers 1317 "crois de Dame Ysebael". Elle est ainsi mentionnée dans les actes de justice du commencement du XIVème siècle. A cette époque, une dame Isabelle de Valery, veuve du seigneur de Bry-sur-Marne, était propriétaire du fief de Beauvais et de son manoir ; elle dut sans doute contribuer au placement de cette croix."

 

***